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Exercices mémoire seniors : mots croisés et lunettes pour entraîner sa mémoire au quotidien
Esprit & Sérénité

10 exercices simples pour entraîner sa mémoire au quotidien

Par David Greenfield Publié le 12 juillet 2026 Lecture 7 min

La mémoire ne fonctionne pas comme un muscle qu’on laisserait rouiller faute d’exercice, mais elle réagit bel et bien à la stimulation régulière. Pas besoin d’application coûteuse ni de logiciel spécialisé pour l’entretenir : dix exercices simples, intégrés à la vie quotidienne, suffisent à faire une vraie différence.

Ce guide les présente un par un, avec des sources fiables à l’appui. Il s’inscrit dans notre catégorie Esprit & Sérénité.

Pourquoi la stimulation régulière fait une vraie différence

La stimulation cognitive régulière fait partie des stratégies recommandées pour préserver la mémoire avec l’âge, aux côtés de l’activité physique et d’une alimentation équilibrée. Les jeux de mots, de chiffres, les problèmes logiques et les jeux de société entretiennent la mémoire en sollicitant des circuits variés du cerveau. Ce qui compte le plus n’est pas la difficulté d’un exercice isolé, mais la régularité et la variété des activités pratiquées dans la durée. Un cerveau sollicité régulièrement de façons différentes conserve mieux ses capacités qu’un cerveau qui répète toujours la même tâche familière, même complexe. C’est pourquoi alterner plusieurs types d’exercices, plutôt que de se concentrer sur un seul, donne de meilleurs résultats sur la durée. Ces exercices restent des habitudes préventives, à intégrer sur la durée, plutôt qu’une solution ponctuelle à activer seulement en cas d’inquiétude.

Dix exercices à intégrer à votre quotidien

  1. La liste de courses sans la noter. Avant de partir faire vos courses, essayez de mémoriser cinq à sept articles sans les écrire, puis vérifiez en rentrant ce que vous avez oublié.

  2. Raconter sa journée le soir. Repasser mentalement ou à voix haute les événements de la journée, dans l’ordre, sollicite la mémoire épisodique, celle des souvenirs personnels.

  3. Les mots croisés ou mots fléchés. Une pratique régulière de ce type de jeu est associée à de meilleures performances cognitives chez les personnes de 50 ans et plus. C’est ce que montre une étude menée par l’Université d’Exeter et le King’s College de Londres.

  4. Mémoriser un numéro de téléphone. Plutôt que de le laisser enregistré dans votre téléphone, essayez de retenir un numéro utilisé fréquemment, chiffre par chiffre ou par petits groupes.

  5. Jouer à un jeu de société. Cartes, dominos ou jeux de plateau sollicitent à la fois la mémoire, la stratégie et l’attention, en plus d’être un moment de lien social.

  6. Changer un trajet habituel. Emprunter un chemin différent pour une course familière oblige le cerveau à sortir du pilote automatique et à traiter de nouvelles informations.

  7. Apprendre quelques mots dans une langue étrangère. Même sans objectif de maîtrise complète, l’apprentissage d’une langue reste l’une des activités les plus stimulantes pour le cerveau.

  8. Cuisiner une nouvelle recette sans la relire à chaque étape. Lire la recette une fois, puis essayer de suivre les étapes de mémoire, entraîne la mémoire de travail.

  9. Faire un puzzle ou un jeu de logique. Ces activités sollicitent la planification et la mémoire visuelle de façon complémentaire aux jeux de mots.

  10. Discuter de l’actualité avec un proche. Suivre et commenter l’actualité, puis en discuter, stimule à la fois la mémoire et l’engagement social, deux facteurs qui se renforcent mutuellement.

Un programme simple sur une semaine

Le plus difficile n’est pas de connaître ces exercices, mais de les pratiquer régulièrement. Le plus simple est d’en associer un à chaque jour de la semaine, pendant dix à quinze minutes, en changeant d’activité d’un jour à l’autre pour solliciter des formes de mémoire différentes.

Exercices mémoire seniors : un programme simple pour chaque jour de la semaine
Un exercice par jour, sans matériel : à afficher sur le réfrigérateur.

Le lien entre vie sociale et mémoire

Les travaux scientifiques convergent sur un point : l’isolement social fait partie des facteurs de risque de déclin cognitif. La commission d’experts réunie par la revue médicale The Lancet l’a confirmé en 2024, en le classant parmi les quatorze facteurs modifiables sur lesquels on peut agir pour retarder ou éviter une partie des cas de démence. Ce constat rejoint plusieurs des exercices présentés plus haut. Jouer à un jeu de société, discuter de l’actualité avec un proche, ou simplement raconter sa journée à quelqu’un : ces activités combinent stimulation cognitive et lien social. Cultiver des émotions positives et rester ouvert à de nouvelles expériences font également partie des facteurs associés à un meilleur maintien des capacités cognitives avec l’âge. Ils comptent au même titre que les exercices plus formels de mémorisation. Ce constat rejoint une intuition simple : une vie sociale active reste l’un des moyens les plus agréables de prendre soin de sa mémoire. Ce n’est pas une contrainte supplémentaire à ajouter à son emploi du temps.

Ces exercices s'intègrent d'autant mieux qu'ils font partie d'une journée pleine de sens, comme nous le proposons pour bien vivre sa retraite au quotidien.

Sommeil et alimentation, les autres piliers

La mémoire ne dépend pas uniquement des exercices pratiqués. Un sommeil de qualité et suffisant reste essentiel. Une nuit trop courte, autour de quatre à cinq heures, peut directement causer des troubles de mémoire temporaires. Une alimentation variée, incluant des sources d’oméga-3, contribue aussi au bon fonctionnement cérébral. C’est la même logique que les repères présentés dans notre article sur la nutrition après 65 ans.

Ne pas oublier la vue et l’audition

Un point souvent négligé : les troubles de la vue et de l’audition non corrigés peuvent donner l’impression de troubles de mémoire. Il s’agit en réalité d’un problème de perception de l’information. Un contrôle régulier de la vue, notamment pour dépister la cataracte ou le glaucome, fait partie des gestes de prévention recommandés. Un bilan auditif en cas de doute compte tout autant, au même titre que les exercices cognitifs. La perte d’audition et la baisse de vision non corrigées figurent d’ailleurs parmi les facteurs de risque relevés par la commission du Lancet en 2024.

Que faire si un trou de mémoire vous inquiète

Oublier occasionnellement un nom ou l’endroit où l’on a posé ses clés fait partie du fonctionnement normal de la mémoire, à tout âge. En revanche, si les oublis deviennent fréquents, s’ils touchent des informations récentes de façon répétée, ou s’ils inquiètent votre entourage, mieux vaut ne pas attendre. Il est recommandé d’en parler à votre médecin traitant. Lui seul peut évaluer la situation et déterminer si des examens complémentaires sont utiles. Ce guide propose des pistes de prévention générales, il ne remplace en aucun cas un avis médical.

Pour approfondir la prévention de la maladie d’Alzheimer, nous avons publié un article dédié sur lifbio.fr.

Le stress, un facteur qui fragilise aussi la mémoire

Au-delà des exercices ciblés, un niveau de stress élevé et prolongé complique la formation de nouveaux souvenirs, un mécanisme distinct du vieillissement naturel de la mémoire. Apprendre à relâcher les tensions régulièrement soutient donc indirectement les efforts de stimulation cognitive. Notre guide sur les 3 exercices de respiration anti-stress propose des techniques rapides à intégrer dans une routine déjà chargée.

Comprendre les mécanismes normaux du vieillissement de la mémoire

Chercher un mot qui ne vient pas immédiatement, ou entrer dans une pièce sans se souvenir pourquoi, reste un phénomène fréquent et normal après 60 ans, distinct des troubles cognitifs plus sérieux. Notre article sur ce qui est normal et ce qui ne l'est pas détaille précisément cette distinction, utile pour savoir quand rester rassuré et quand consulter.

Questions fréquentes

Faut-il pratiquer ces exercices tous les jours ?
La régularité compte plus que la quantité. Quinze à vingt minutes par jour, en variant les types d’exercices, suffisent généralement à observer des bénéfices.

Les applications de jeux cérébraux sont-elles nécessaires ?
Non. Les exercices présentés ici ne demandent aucun matériel ni abonnement. Une application peut être un complément agréable, mais n’est pas indispensable pour entretenir sa mémoire.

À partir de quel âge faut-il commencer ces exercices ?
Il n’y a pas d’âge minimum ni maximum. Plus tôt ces habitudes sont prises, mieux c’est, mais il n’est jamais trop tard pour commencer à les intégrer à son quotidien.

Ces exercices préviennent-ils la maladie d’Alzheimer ?
Ce guide ne prétend pas prévenir une maladie spécifique. La stimulation cognitive régulière fait partie des facteurs de mode de vie associés à un meilleur maintien des capacités avec l’âge. L’activité physique et une bonne hygiène de vie générale comptent tout autant.

Faut-il varier les exercices ou en répéter toujours un seul ?
Varier reste préférable : le cerveau réagit davantage à la nouveauté qu'à la répétition d'un exercice déjà maîtrisé.

Combien de temps avant de voir des résultats ?
Certains effets sur la concentration se ressentent dès quelques semaines de pratique régulière, tandis que les bénéfices les plus durables s'installent sur plusieurs mois.

Prendre soin de ses habitudes au quotidien

Le guide Vitalité Naturelle aide à installer des habitudes simples autour de l’énergie, de l’alimentation, du mouvement doux, du sommeil et de l’apaisement. Il est informatif et ne remplace pas un avis médical.


Sources : Ameli.fr (entretenir sa mémoire) ; commission The Lancet sur la prévention de la démence (2024) ; étude PROTECT, Université d’Exeter et King’s College de Londres (2019).